Une relation difficile - Sheryl Caswell

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Une relation difficile

Une relation difficile - Sheryl Caswell

Mon petit frère Manu et moi, avons 12 ans d’écart. Il est le « petit dernier », celui que mes parents n’attendaient plus. À ce titre, il a toujours été le préféré de ma mère, c’est clair et avéré, ce sont d’ailleurs ses propres mots. C’est compréhensible, et maintenant qu’elle a presque quatre-vingts ans et soufre de la maladie d’Alzheimer, l’amertume que je ressentais lors de mon adolescence a disparu.

Nous n’avons pas été élevés ensemble, puisque l’année de mes dix-huit ans, mon père a été muté à l’étranger, et que je suis restée pour faire mes études. Il a donc été élevé comme un enfant unique. J’ai toujours pense qu’a l’âge adulte, nous nous rapprocherions. Alors lorsque mon père m’a annoncé que Manu avait une petite amie sérieuse, j’étais heureuse pour lui et me suis dit que peut être maintenant, nous pourrions communiquer un peu plus, et sur d’autres sujets que la maladie de maman. Je me suis tout de suite bien entendue avec Carole, elle était énergique, ouverte, souriante et surtout elle était folle amoureuse de Manu. Dans ces circonstances, l’annonce de leur mariage quelques mois plus tard, suivi de l’annonce de la grossesse de Carole me remplissaient de joie.

Malheureusement, après quelques semaines, Carole a commencé à devenir désagréable : prétendre que Manu n’était pas là quand j’appelais, et une attitude générale complètement a l’encontre de ce à quoi elle m’avait habituée. Mettant ce changement de comportement sur le compte de sa grossesse, j’avais décidé d’attendre l’arrivée du bébé, pensant que tout rentrerait alors dans l’ordre. Quelle erreur ! À la naissance de la petite, seul Manu daignait me parler, et encore, prétextait la fatigue, le « traumatisme  de l’accouchement », et autres excuses ridicules. Je leur donnai un peu de temps, espérant toujours que leur attitude à tous les deux changerait.

Un mois plus tard, je réussis enfin à les avoir sur Skype. C’est là que tout a vraiment commencé… j’ai eu le malheur de dire les mots infâmes suivants : « Mais qu’est-ce qu’elle a sur les joues ? De la couperose ? » Ces quelques mots ont déclenché un tsunami d’insultes, je me suis fait appeler de tous les noms (certains que je ne connaissais même pas…), et raccrocher au nez. D’après mon père, qui eut immédiatement vent de l’incident, j’avais insulté le bébé.

Je vois personnellement cette réaction disproportionnée comme la suite logique de l’attitude de ma belle-sœur ces derniers mois, et malgré les efforts de mon père et les miens pour essayer de comprendre, je ne pense pas pouvoir un jour renouer un quelconque lien avec elle. Mon frère, lui, reste en dehors et ne semble pas s’émouvoir du gâchis que sa chère et tendre a engendré. Quel dommage !