Bienvenue en ville - Sheryl Caswell

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Bienvenue en ville

Bienvenue en ville - Sheryl Caswell

"Je dois tenir deux à trois réunions aujourd'hui, sans oublier une séance de thérapie à l’injection acide hyaluronique. Donc, je peux être un peu plus en retard que d’habitude. Si tu t’ennuies trop de rester à la maison, tu peux simplement faire une marche dans le quartier et pourquoi pas, te faire de nouveaux amis. Par contre, sois prudent et ne reste pas trop longtemps dehors le soir". Ainsi parla Olivier en partant.

J’ai alors vu Olivier partir à son bureau dans sa belle voiture rouge. À cinq heures et demi de l’après-midi, quand j’en ai presque fini avec mon travail pour cette journée, je me suis dit que je pourrais visiter le quartier ...

Cela fait presque plus de quatre mois que je suis venu dans cette ville, mais je ne l’ai jamais exploré qu’en compagnie d’Olivier. C’était fascinant de s’aventurer dans ce nouveau lieu tout seul et je marchais rapidement à travers chacune des rues. J’ai traversé de multiples voies, fait un peu de shopping, mangé sur le pouce et avec un sentiment de satisfaction d'avoir accompli quelque chose de grand pour la première fois, j’ai regardé mon poignet pour voir l’heure.

Je fus consterné de savoir qu'il était huit heures passé de trente minutes. J’ai passé près de trois heures sur les routes de la ville, oubliant de tout autour de moi. Je décidais d'accélérer et de revenir à la maison avant qu’Olivier ne revienne du bureau.

Comme je galopais vers la maison, portant des sacs avec les produits que j’avais achetés en ce jour-là, je pris, sans le savoir, un mauvais virage et me suis perdu dans le centre-ville.  Je suis finalement arrivé devant un garage en ruine, dans l'impasse d'une ruelle. Il y avait un tas de voyous assis devant le garage. Dans  un éclat de rire, ils m’ont remarqué debout, perplexe, incertain sur ma route vers la maison. Ils m’ont regardé d’un air bizarre et alors qu'ils marchaient vers moi, j’étais pétrifié, transpirant abondamment.

Avant même qu'ils puissent prononcer un mot, j’ai couru vers la rue opposée à cette impasse. Mes pieds me portèrent aussi vite qu’ils pouvaient, sans même regarder en arrière, j’accélérais indéfiniment comme un chien fou. Je courrais encore quand je suis tombé sur quelqu'un dans l'obscurité. C’était Olivier…

"Je suis revenu à la maison et ai vu que la porte était verrouillée, alors, je suis venu à ta recherche ... Qu'est-ce qui t’est arrivé et où as-tu été pendant tout ce temps" ?

Comme je l'ai entendu me poser ces questions sur un ton perturbé, je lui ai raconté l'incident que je venais de vivre...

D’un éclat de rire, Olivier m’a répondu que c’est parfois ainsi que cette ville accueillait ses nouveaux habitants. Et dire que je suis parti pour y résider durant les trois prochaines années.